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 deux fugitifs chevauchant - juliette

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MESSAGES : 72
INSCRIPTION : 03/08/2015
PSEUDO : caribou
AVATAR : Natalia Vodianova
ALLÉGEANCE : helsingor
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Enya Helsingor
Message(#) Sujet: deux fugitifs chevauchant - juliette Dim 23 Aoû - 19:03

" deux fugitifs chevauchant à dos de livre, prêts à nous échapper dans un monde imaginaire de seconde main "
L'Ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon
Parcourir la route pavée qui sillonnait le Palatin lui prodiguait un sentiment d'éternité salvateur. Le temps semblait s'arrêter pour laisser place à un espace infini de répétition. Toujours les mêmes pavés, avec leurs imperfections, toujours les mêmes murs, toujours les mêmes sculptures au coin des rues. Et pourtant, chaque petit détail était révélé peu à peu au cours des nombreuses visites. Elle se laissait encore surprendre par les déformations de la route, elle trébuchait tout autant qu'au début. Elle frôlait de sa main les murs rugueux. Elle ne saluait personne. Son regard ne s'arrêtait jamais de passer d'une chose à l'autre, ce qui donnait à son expression habituellement froide une certaine douceur enfantine. Elle marchait doucement et profitait de ces quelques instants loin de chez elle. Ce qui comptait le plus dans ces rues à ses yeux, c'était leur étrangeté par rapport à son environnement quotidien. Tout était dans la particularité ici. Dans l'unique et le beau. Chez elle, il n'était question que d'uniformité et de froideur. Elle faisait durer le plaisir.
Elle franchit enfin une porte en bois décorée de fer forgé dont les fenêtres laissaient à peine filtrer la lumière. Elle salua le libraire d'un mouvement de tête. La boutique sentait le papier et l'encre, et même un peu le renfermé.  Les murs étaient organisés en étagère où la plupart des livres n'était pas à la portée des clients. Dans le fond se tassaient les livres les plus précieux et les plus anciens que le libraire avait du mal à voir partir de sa boutique. Elle lui en avait déjà acheté une dizaine et avait dû faire montre d'une patience inédite pour qu'il les lui cède. Ce qui expliquait le manque d'affabilité de l'homme quand elle était entrée. Malgré la poussière, ce que l'on retenait du lieu c'était une impression de chaleur et d'intimité. Jamais la bibliothèque qu'elle possédait chez elle ne pourrait avoir qu'un fragment de cette atmosphère. C'était sûrement pour cela qu'elle revenait toujours dans cette librairie.
Elle s'approcha des ouvrages et fit courir sa main le long des reliures, elle lisait distraitement les titres, ne s'arrêtait sur aucun. Le cuire de certaines couvertures frottait contre ses doigts et elle humait le parfum chargé des ouvrages abandonnés. Enya parlait rarement avec le libraire et encore moins avec les autres clients. Elle prenait son livre, payait et s'en allait. C'était autant faire preuve de discrétion que d'indifférence. Elle ne tenait pas à ce qu'on la regarde fixement. Qu'on se rappelle d'où elle venait. A qui elle appartenait. Seulement, aujourd'hui, elle tenait à s'imprégner de cet univers et n'avait pas envie de précipiter sa promenade. Les étagères formaient comme des allées, bien que la boutique ne soit pas bien profonde. En tournant à gauche, elle faillit bousculer une jeune fille qu'elle reconnut très vite.
C'était la jeune Capulet, Juliette. Elle l'avait déjà vu ici même mais ne lui avait jamais adressé la parole. Elle semblait elle aussi se perdre ici et fréquentait souvent la boutique. Enya était toujours bizarrement intriguée par les jeunes femmes qu'elle savait exactement à l'opposé d'elle. Et Juliette était exactement son opposé. Elle fit semblant de regarder les livres en face d'elle tout en observant la jeune femme du coin de l'oeil. Peut-être était elle jalouse d'elle, tout simplement. Parce qu'il était simple de se laisser à imaginer ce qu'aurait pu être sa vie si elle avait été Juliette. Une Capulet. Elle eut un sourire ironique contre elle-même. Elle ne le saurait jamais ce que cela aurait changé. La convenance aurait voulu qu'elle s'éloigne d'elle et qu'elle ne l'approche pas plus. Mais à force d'imaginer la vie de Juliette, elle se sentait comme pousser par une force invisible à bousculer la vie de la jeune fille par la sienne, plus froide et plus austère. Un exemple déprimant de lucidité pour toutes les jeunes personnes. « Vous ne devriez pas choisir ce livre. L'auteur est soit un menteur, soit un idiot pour avoir pu écrire cela. » Il y a quelques années, elle lui aurait seulement jeté un regard indulgent de se laisser aller à ce genre de lecture. Le mariage devait vraiment changer les gens.
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