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 Love me tender

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Enya Helsingor
Message(#) Sujet: Love me tender Lun 17 Aoû - 19:44

love me tender
Il n'existait pas de refuges entre les murs de la demeure des Helsingor. Même la bibliothèque où elle passait la plupart de son temps était trop épurée pour apporter un peu de chaleur. Ses livres, une banquette grise et des murs noirs. Et elle en plein milieu, avec des bijoux colorés au cou, une robe longue aux voiles souples, les pieds nus. Le livre dans ses mains était un des multiples ouvrages qu'elle avait déjà lu plusieurs fois. Mais elle ne se lassait jamais de lire, encore et encore, à la recherche des moindres subtilités des lignes, pratiquement sûre de pouvoir réciter de mémoire des passages entiers, ses préférés. Une histoire sombre avec des éclats de voix et des conclusions en demi teinte. Elle n'avait fait que ça de son après-midi. Lire abondamment, jusqu'à l'épuisement de ses rétines. Elle en était un peu enivrée, un peu chancelante. Tous ses membres étaient ankylosés quand elle se leva enfin. Elle remit le livre à sa place exacte, veillant à ne pas déranger l'ordre méticuleux des ouvrages. Elle en avait revue le fonctionnement de cette bibliothèque et avait mis un certain nombre de jours à placer les ouvrages selon une structure connue d'elle seule. Ce serait sûrement la seule marque qu'elle laisserait dans cette maison.

Elle se déplaçait lentement dans les couloirs, comme si elle avait peur de faire une mauvaise rencontre au détour d'un coin anguleux de cette maison aux formes agressives. La nuit était déjà tombée et avec elle les peurs secrètes se faisaient ressentir. Sa lenteur s'accentua alors qu'elle atteignait sa chambre. Elle craignait toujours les mauvaises surprises qu'il y attendait. Elles ne pouvaient pas être nombreuses, et elle ne pouvait en penser qu'à une seule à l'heure actuelle, et elle n'y tenait pas tant que ça. Pas alors que la fatigue se faisait sentir dans ses épaules. Quand elle eut atteint la porte, elle regarda dans l'interstice, juste pour se préparer, au cas où. Mais il n'y avait personne dans la pièce. Elle émit un soupir, le genre de chose qu'elle ne se permettait qu'en étant sûre d'être seule. Elle entra dans la pièce et s'assit sur le bord du lit immense qui mangeait tout l'espace dans la pièce. Elle se passa les mains sur le visage. Elle espérait que toute cette fatigue lui permettrait de s'endormir rapidement d'un sommeil réparateur. Elle en détesterait presque son corps de devoir dormir pour fonctionner. Elle se laissa tomber sur le lit, elle regardait le plafond. Ses paupières se fermèrent peu à peu toutes seules. Elle essayait tant bien que mal de rester éveillée. Elle n'aimait pas s'endormir habiller. Cela lui donnait la sensation d'être encore plus une étrangère dans ces lieux.

Elle se sentait partir peu à peu. Ses pieds étaient engourdis par le froid, elle ne sentait plus ses mains et sa tête était légère. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas fait l'expérience de ces sensations. Les accalmies seraient toujours de courte durée dans sa vie. Elle n'avait jamais l'occasion de les apprécier. La porte qui s'ouvrit en était la preuve. Elle s'assit avec un sursaut, la vision floue. Elle reconnut pourtant très bien la silhouette qui lui faisait face, dans l'ombre. Elle devenait subitement un robot, une machine automatique qui connaissait les codes et les manières pour chaque situation. « Bonsoir Claudius. J'espère que ce ne fut pas une journée trop pénible. » Elle même ne savait pas pourquoi elle maintenait tous ces mensonges de bienséance entre eux. Ca devait le faire rire, cet animal. Elle se permit de le regarder dans les yeux. Avec les animaux farouches, le pire était de montrer les signes de sa peur. Il fallait jouer leur jeu. Elle n'avait pas l'intention d'être une proie facile. Oui, ça devait même l'exciter tout ça, ce chien.
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Claudius Helsingor
Message(#) Sujet: Re: Love me tender Sam 5 Sep - 14:35


tender is the night
La romance posthume, le délit immédiat, l’ocre des peaux nues, un enfer plaisant ces mains qui déboutonnent, caressent, dans un concert de cris de jouissance. Il s’envoie en l’air avec d’autres pour s’oublier, le temps d’un spasme. Mettre un terme à sa passion sulfureuse pour sa belle-sœur, il n’y parvient pas, ça l’engloutit comme une lame en feu qui fouillerait ses entrailles. Ne pas penser à ce qui l’attend le soir, aux côtés de la pauvre fille légitime. Si froid ce corps tendu qu’il n’ose plus toucher, seulement quand le désir devient insatiable. Il est cette bête, Claudius, qui prend et jette, qui aime et hait. Parfois, il prend la fillette dans ses bras comme si cela pouvait soulager ses douleurs en interne. Ça cogne fort contre la cage thoracique, le cœur s’émiette, l’horloge est cassée. Le mariage est un pensum pour tous les deux. Il se lève trop tôt et rentre trop tard, suffisamment pour éviter les contacts, les mots qui font mal, l’apparence qu’il n’arrive plus à conserver. Un regard de mépris, c’est tout ce qu’il lui octroie. L’amour conjugal, ils ne connaissent pas. La première nuit peut-être a-t-elle été belle, luisante dans le noir, la sueur des amours décomposées, prémices des futures étreintes sans chaleur ni gloire…

Le monde est en train de s’écrouler, un vieil instinct lui hurle que c’en est fini des Helsingor. Ils ne peuvent pas garder le pouvoir si longtemps. Les choses bougent. Impuissant, Claudius préfère se saouler, se battre, profiter des derniers instants. Il rentre à la Pyramide de plus en plus irrité. Une odeur âcre sur ses vêtements froissés. Il défait la cravate, fait tomber la veste qu’il piétine, titube dans cette chambre qui semble comme inhabitée. Il ne s’y sent pas chez lui. Impersonnelle, seulement fonctionnelle. « J'espère que ce ne fut pas une journée trop pénible. » Elle est là. La bienséance, les mots qu’on échange normalement entre mari et femme. Il la dénigre tellement. Une obligation familiale, il ne voit rien d’autre. La chasteté de cette femme le ferait presque blêmir de honte. Il vit ailleurs, dans les nuits trop longues, dans les absences de sens commun, dans les corps dénudés et les alcools forts. Et elle, c’est un rat de bibliothèque. Elle s’instruit, s’ennuie sans doute à mourir dans sa tour d’ivoire. Des parures qu’il lui offre parfois comme s’il pouvait acheter son silence – ne parlons pas de sentiments, ce n’est pas au programme du bougre.

Fourbu, il s’assoit au bord du lit à une distance respectable. Il voudrait frôler la cheville dont la blancheur immaculée l’attire sans qu’il en ait vraiment conscience. Il l’observe de haut en bas. « Pas de ça entre nous. Pas de faux-semblant. Épargne-moi ça par pitié. » Elle a l’allure des endormies. Jamais il ne demande d’autorisation pour la malmener. Il lui ferme souvent les yeux pour éluder le regard indifférent d’aversion. « C’est bientôt la fin. Rien ne pourra les arrêter. Je t’emporterai dans ma chute, pardonne-moi. » Il ne déraille même pas, il voudrait presque se repentir, presque. Coupable au fond de lui imposer une vie aussi morne. « Enya, tu n’es qu’une victime. » Un pion au centre d’un échiquier géant. Il déplore son sort maintenant. Il se frotte le front, l’air maussade. « Ne…ne rends pas les choses difficiles d’accord ? » Il ne connait pas la douceur, mais avec elle, par moments, il retient ses gestes, il retient les coups, comme pour l’épargner un peu.

Retirant la chemise grisonnante, il s’allonge sur elle, bloque les poignets sans violence. Il embrasse le cou, croque le fruit pourri. « Jamais tu ne te laisses aller ? Tu ne ressens donc rien ? » Il souhaiterait qu’elle feigne de, ou qu’elle éprouve vraiment un petit quelque chose…rêve menacé, rêve qui restera rêve. Elle n’est qu’une poupée gonflable. Il est si contracté ce corps trop mince qu’il ne parvient même pas à faire sa besogne d’époux certaines nuits. Les souffles se mêlent, à sens unique. Il pense à d’autres femmes plus désirables. Si elle ne fait aucun effort, lui tente de compenser au moins. Sa main passe sous le chandail, exploration fastidieuse. La peau est glacée. Il respire son parfum presque imperceptible. Il enrage d’être incapable d’empathie pour elle. Il la déshabille à peine, ne complaît même pas sa vue d’homme. C’est mécanique, automatique. Rien de plus barbant qu’un tel rapport sexuel. Le sous-vêtement qu’il fait glisser. Plaisir égoïste, il ne prend plus la peine de tenter d’allumer la flamme en elle, c’est perdu d’avance. Il s’empare d’elle toute entière, un fléau qu’il est. Rugissement du fauve dans le silence mortuaire de la chambre maritale. Le sommier grince affreusement.

Les mains s’aventurent, les draps s’émeuvent sans conviction. Les doigts cognent un objet indésirable. Il se fige, comprenant aussitôt de quoi il s’agit. « Comptais-tu me tuer dans mon sommeil ? » Il lui tord le poignet, cette fois avec une brutalité inouïe. L’arme blanche qu’il exhibe et place sous la gorge. « Je te laisse une chance de m’expliquer, sinon j’envoie ta tête à ton père dans un carton. » Il est toujours en elle, comme un amour avorté, et il pourrait attenter à sa vie dans la seconde.

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Enya Helsingor
Message(#) Sujet: Re: Love me tender Jeu 24 Sep - 0:03

Sa respiration était calme. Il n'y avait que dans sa tête que les choses s'agitaient, se bousculaient, alors qu'il venait s'asseoir sur le lit, à ses côtés, mais suffisamment loin pour qu'elle ne sente pas la chaleur de son corps. Elle le regardait, ne le quittait pas des yeux. Elle ne savait pas ce qu'il ferait ce soir. Les nuits ne se ressemblaient jamais, sauf quand il rentrait trop tard et qu'elle était déjà trop profondément endormie. Mais quand elle avait les yeux ouverts, elle avait l'impression désagréable que tout pouvait arriver. Leur relation dysfonctionnelle se révélait dans toute sa laideur dans ces moments de flottement, où il parle, et elle écoute, attendant qu'il finisse par se taire et qu'il choisisse le déroulement des festivités. Parfois, il choisissait simplement de s'étendre à côté d'elle et de fermer les yeux, s'endormant simplement. C'étaient les pires nuits. Elle détestait le voir s'endormir avant elle, parce qu'alors elle restait éveillée, sur le qui-vive encore, comme s'il allait ouvrir les yeux pour changer de programme. Et c'était peut-être un signe de folie de sa part de croire qu'il pourrait être aussi cruel avec elle.

Elle le laissa parler. Elle ne le laissait pas paraître avec ses yeux à moitié fermés, et son attitude un peu avachie, mais elle était extrêmement attentive à tous ses mots. C'était étrange de voir cet homme qu'elle prenait pour monstrueux se montrer presque las, presque fragile. Elle ne savait pas trop quoi en penser, mais elle savait qu'il ne fallait pas prendre à la légère les craintes de son mari. Il avait probablement raison. Ils allaient bien finir par connaître leur chute. Et même si cette famille ne lui avait rien apporté, elle se sentait comme n'importe quel membre de cette famille, dans le fond, et la perspective de leur chute la faisait frissonner. Non pas comme Claudius le pensait, parce qu'elle était une victime, mais parce que c'était sa famille, sa gloire, sa réputation, sa charge, son devoir. Son devenir était intrinsèquement lié à lui, à eux, bien plus profondément qu'il ne le pensait lui-même. Elle se fichait bien de souffrir et de subir, c'était le bien de la famille en premier qui parcourait la plupart de ses actions. Il ne semblait pas s'en apercevoir et elle ne pouvait lui en vouloir. Ils ne se connaissaient pas.

Elle était un peu surprise de ses paroles. Elle lui obéit, elle se laissa pliable jusqu'à un certain point, le laissa défaire ses vêtements. Elle le regardait faire, sans un bruit, la respiration pas plus bruyante qu'un froissement. Sans mouvement, sans bruit, elle rendait les choses encore plus morbides, mais elle ne trouvait pas la force en elle de réagir. Tout se passait dans sa tête et rien n'était visible. Elle avait depuis longtemps décidé qu'elle ne se dévoilerait pas à cet homme. Il était pourtant le seul à la posséder aussi pleinement, à connaître ses courbes et à les exploiter. Elle ne ressentit aucune douleur et sa propre froideur l'effrayait presque. Un jour elle deviendrait un être vide sans émotion. Et puis l'improbable se passa et la mince barrière de son inconscient s'effondra. Une poussée d'adrénaline lui fit ressentir les moindres sons, le moindre touché, surtout cette lame, juste contre son cou. Cette lame dont elle connaissait si bien la morsure contre la peau de sa cuisse.

Par réflexe, elle posa sa main sur celle de son époux qui tenait la lame, comme pour bloquer son geste. La menace avait crispé son corps de manière douloureuse, et elle tenta de se dégager de son emprise un tant soit peu. « Je serais totalement stupide de faire ça dans notre lit, avec toute ta garde autour. » Elle voulait garder la tête froide et opposait à son discours des arguments simples et logiques. Elle n'avait effectivement pas voulu le tuer, elle savait qu'elle risquait beaucoup trop si elle agissait ainsi. Elle regrettait amèrement de ne pas s'être déshabillée avant de s'allonger, au moins la dague se serait retrouvée dans son coffret au fond de la commode. Et il n'aurait rien su. « C'est juste une arme que j'ai sur moi en permanence, au cas où. Tu n'es pas le seul à sentir ta vie menacée. » Sa voix tremblait malgré elle. Elle posa une main sur son visage, sur sa joue et le regarda droit dans les yeux avec une sincérité qu'elle affichait rarement en sa présence. « Je ne veux pas te tuer, Claudius. S'il te plait, baisse cette arme. » Son ton s'était fait quasiment suppliant sur la fin. Il devait la croire. Si elle perdait totalement sa confiance, elle perdait tout.
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Claudius Helsingor
Message(#) Sujet: Re: Love me tender Mar 29 Sep - 23:16


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Cette romance-démence ne s’achèvera jamais, pas sur un coup de poignard. L’insensé sent le désir pulser dans son ventre d’ogre. Il est comme en sursis en elle. Le souffle suspendu, il la dévisage comme si c’était la première fois. Les traits de son visage ne lui sont pas familiers. Il est surpris de voir à quel point il l’a ignorée, refoulant même sa silhouette. Il l’associait sans doute à un meuble, une statue à l’inertie mourante et prenant la poussière dans un coin. Il n’a jamais vraiment pris le temps d’apprécier la régularité féminine. Une femme-appât, ce fut longtemps sa seule pensée à son égard. Elle a malheureusement échoué entre ses bras, cette jolie fille. Les Helsingor ne sont pas des tendres dans l’âme, des principes qu’on élit au fer, la loi du plus fort, l’environnement imparfait pour une chose fragile. Mais Claudius remarque enfin qu’elle n’est pas cet animal craintif qu’il méprisait. Une force surnaturelle l’habite. La force de sa froideur, de son stoïcisme. Jamais il n’a pu la faire ployer et on sait tous à quel point il a pu la violenter. Pas un mot, pas de plainte, seul le silence – plus terrible encore que n’importe quelle verbalisation ou n'importe quel acte physique. Le silence, l’hécatombe, la pensée muette, tout pour mieux le rejeter, lui, l’être infâme. Dans ce regard presque trop doux, sa propre image de bête lui est renvoyée. Une forme de culpabilité glisse en lui. Il ne sait pas pourquoi passe ses lèvres une si soudaine affliction : « Pardon d’avoir douté de toi. » Il relâche l’étreinte infernale, s’affaisse sur le côté, se prenant la tête entre les mains. L’horreur du délit lui perfore le crâne. « Mais tu aurais sûrement dû… » Imperceptible soupir, la parole qu’il étouffe.

Ce n’est pas calculé, se sentant sous-merde, c’est la moindre des choses qu’il lui doit. Le symbole est fort. Il tend la lame affûtée, la pointe vers sa propre poitrine nue, l’assurance du geste est effrayante. On pourrait en finir ici, toi et moi. La vicieuse arme pourrait le tuer si elle le souhaitait, ce n’est qu’une histoire de volonté, elle pourrait trancher pour de bon l’infect époux de son cœur. « Je ne protesterai pas, ne me débattrai pas si tu veux mettre le coup de grâce, tacher les draps de mon sang impur. Je suis à toi par des liens sacrés, quoiqu’en hurlent les preuves de notre mariage forcé et défaillant. Je t’ai déçue. Je t’ai fait vivre l’enfer. Tu connais les règles de notre famille. Tu peux décider de ton sort et du mien, Enya. » Tu n’as pas besoin de moi pour dicter ta ligne de vie. Lui va s’éteindre le roi d’airain. Il est à deux pas de la chute, il n’a plus rien à perdre. Peut-être que la dernière chose viable qu’il veut accomplir sur cette terre, c’est se rabibocher avec le seul être qui reste à ses côtés malgré ses envies morbides.

Il caresse la joue, dans une supplique, il se sent plonger, il se sent comme un monarque qui se meurt. Cela pourrait être une libération. « Je ne sais pas t’aimer. » Claudius ne sait pas aimer tout court. En pâmoison devant Proserpine, on ne peut probablement pas appeler cela un véritable amour. Aucune marque d’affection, des haines langoureuses à la limite. De la violence gratuite. Mais son épouse aurait pu être…il réfute ses idées fantasmagoriques, n’ose pas avouer des idéaux sans consistance. « Pourquoi restes-tu ? » Il ferme les yeux, repose sa conscience. Il prend finalement le temps de l’écouter, imitant les époux normaux dans une pâle copie, car il y a peu encore, il était question de tuerie sans vergogne. Cependant au fond de lui, il sait qu’il ne l’aurait pas fait.

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Enya Helsingor
Message(#) Sujet: Re: Love me tender Ven 30 Oct - 22:43

La quasi terreur qui se dégageait de ce colosse était plus accablante encore que sa violence. C'était une anomalie déroutante qui la mettait elle-même dans un état nerveux. Elle ne savait pas quoi faire de cette figure si forte, si immense, effondrée à ses côtés dans son trône. Elle sentit pulser en elle une tendresse incohérente et nouvelle, qui lui donnait envie de se rapprocher de lui, de faire un geste vers lui, quelque chose qui n'était jamais arrivée. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait à cet instant, ou plutôt elle avait peur de comprendre qu'elle ne l'avait jamais vraiment compris. Qu'elle l'avait diabolisé, lui avait donné trop de force, trop de violence. Qu'elle avait en quelque sorte créé son propre monstre, alors que lui n'était qu'un monstre mineur, sans cornes, ni fourche. Il avait été le cauchemar vivant de ses nuits et maintenant il était cet être lamentable, couché de tout son long sur ce lit dont il était le maître. Cette déchéance affichée finit par la faire trembler.

Elle ne cessait de le regarder, de ses yeux trop bleus, suivre ses gestes et analyser pour essayer de mettre les morceaux du puzzle dans le bon ordre. Elle détestait avoir eu tort, avoir pourri sa propre vie. Ou alors c'était la situation actuelle, ce qu'il lui avait raconté avant. Peut-être que le malheur faisait trembler enfin le monstre et qu'il redevenait humain. Ses fines mains étaient toujours contre les siennes quand il retourna la lame contre lui. Elle se laissa faire, muette. Ses yeux étaient écarquillés, le souffle court. Elle ne comprenait plus rien et son cerveau s'essoufflait à vouloir rattraper le laps de temps qu'il avait lui-même créé en restant bloquer sur cette figure qui s'effondre. Par réflexe, parce qu'elle y a pensé trop de fois pour ne pas le faire, pour ne pas enclencher l'action, elle poussa un peu plus loin la lame, jusqu'à ce qu'elle racle la peau de cette poitrine large. Elle l'écoutait mais l'entendait à peine, les yeux rivés sur ses propres mains, prêtes à commettre un acte auquel elle pensait nuit et jour. Surtout la nuit, dans ses draps là, à cette même heure de la nuit. Chaque nuit.

Et quelque chose en elle rageait de ne pas pouvoir commettre le pire. Elle ne pouvait pas et s'en voulait terriblement d'être lâche, de l'écouter encore, d'entendre ses paroles et de les enregistrer. Elle s'en voulait de le trouver humain. Elle s'en voulait de ne plus vouloir le tuer. Il y avait cette lame, qu'elle avait acheté pour se défendre. Non pas contre n'importe qui comme elle voudrait qu'il le croit, mais bien contre lui. Pour le tuer, même, s'il le fallait. Et il le fallait. Il fallait qu'elle se débarrasse de lui. De ses reins destructeurs. De ses bras meurtriers. De son corps trop imposants. Il devait mourir. Là maintenant. Elle pressa un peu plus la lame contre sa peau, alors qu'il finissait de parler, surtout quand il se mit à la toucher, à toucher sa joue comme ferait un amant.

Cet homme n'a jamais été son amant, et ne le serait jamais. Et pourtant, après avoir fait couler trois gouttes de sang, elle rétracta son geste. Elle se dégage de ses mains mais garda l'arme dans la sienne. Comme une menace pour qu'il se rappelle qu'il lui devait enfin le respect. « Et partir où Claudius ? Partir où ? Avec qui ? Chez qui ? Et une fois partie, je fais quoi ? Je n'ai que toi, Claudius, je n'ai que cette maison, que cette famille. J'ai tout donné pour vous. Tout. Et je ne t'en veux pas. Je l'ai fait parce que c'est juste, parce que c'est mon devoir, parce que c'est ce que je veux. Cette famille, ta famille, est la mienne, et cela même si personne ne m'y veut. Quand je pense à mes intérêts, je pense aux nôtres. Quand je te vois en train de t'effondrer, prêt à recevoir la mort, c'est comme si je décidais moi-même de mourir. J'y crois, aux liens sacrés. J'y crois fort. Je n'ai que cette croyance. » Sa voix tremblait et des larmes se formaient dans ses yeux. Elle ne pleurait jamais, mais le moment était trop fort. Ses nerfs allaient lâcher. Et sa stature de fille intouchable aussi. Elle ne se doutait pas que cet homme pourrait la toucher aussi profondément. « Je n'ai pas besoin que tu m'aimes. »
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