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 La Métamorphose des Anges

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MESSAGES : 18
INSCRIPTION : 29/07/2015
PSEUDO : Morgan
AVATAR : Marine Vatch
ALLÉGEANCE : Sans.
OCCUPATION : Dresseuse de Chevaux.
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Lyseult Thibault
Message(#) Sujet: La Métamorphose des Anges Lun 10 Aoû - 15:10

La Métamorphose des Anges


Rêvent les papillons de la haine, voltigent leurs ailes, dans la toile noire de l’araignée de son Cœur. Dans un cocon, au centre des fils gris encre, du venin de ses ressentiments, la créature se recroqueville. Et tremble. L’araignée de la mort. Ses pattes bruissent, chantent, toute sa toile vibre alors qu’elle ne peut les retenir. Et ses pattes, immenses, débordent du cocon. Et ses larmes, de sang et de sel, glissent le long de ses jambes, enserrent ses cuisses brisées, jusque goutter, indécentes, sous le visage de son mal. Taches rouges sur sa peau pale, blanche, du gel des abrasifs. Craintive, La créature se rêve papillon. Elle aimerait voler, s’enfuir. Mais chaque fois que la nuit s’empare de son corps, elle s’endort et revient. A ce moment précis. Qu’elle ne peut oublier. Dans sa toile, prise au piège, quelques centimètres au-dessus du marionnettiste. A sa merci.

Un souffle caresse le cocon. L’homme souffle doucement sur les fils tendus. Les jambes dansent, dans le vide, cela le fait sourire. Elles tintent, comme des grelots d’acier soupirant quelques plaintes.  Juste là, au-dessus de lui. De ses yeux, ses yeux glaciaux. Ils sont presque amusés. Le gel qu’embrase la cruauté. Ses yeux, ses yeux glaciaux, ils font fondre sa carapace tant ils la brulent.  Et l’araignée blessée, dans le faible renfort de la toile brûlée, se cache plus encore dans le sel ocre de son cocon. Cherchant dans l’odeur de son sang les souvenirs d’un autre temps. D’un souffle plus fort, moqueur, il déchire le cocon. Ses yeux se rapprochent, il la regarde de plus près. L’araignée, blessée, se raccroche avec peine à un fil avant que le vide ne l’emporte. Le cocon éventré vomi son sang, tachant les lèvres du monarque cruel. D’un coup de langue il savoure son méfait, chat joueur qui s’amuse de la panique de son petit corps.

Ses lèvres s’entrouvrent, défigurées par son sourire. Sur des dents blanches, parfaites. Sur les dents qui ont mordu sa peau. Puis il ouvre grand sa bouche, gouffre sombre et sans fond, néant violent qu’illuminent les noirceurs ardentes de son âme brulante. L’araignée tente de s’échapper. Elle court sur les fils, trainant ses pattes mortes, engluée dans son sang, asphyxiée par le poison de son souffle. Elle court, si vite. Sans un bruit. Cela le fait sourire. Encore. Un sourire froid. Des dents blanches. Une haleine menthol et alcool, fraiche et viciée. Et des lèvres, des lèvres fines, des lèvres destructrices de monde. Une bouche qui la dévore. Elle se débat encore, aux bords de ses lèvres. Mais il en a assez. Il veut gouter, encore une fois, les effluves de sa panique, le gout de son sang et les douceurs de sa chair. La salive achève la créature. Elle fond sous sa langue, dans une odeur de brulé et une sensation d’horreur. Alors, enfin, la mort la libère.


ELLE HURLE.


Lys ouvre ses yeux dans le noir encre de cette nuit sans lune. Combattant contre un ennemi invisible, elle griffe l’air, les draps, à la recherche du fantôme de son bourreau. Trempée, glacée, ses pores vomissent la haine et la crainte, dans un duo de paniques non feintes. Terrorisée, elle se recroqueville ensuite, serrant les draps humides contre ses jambes bleutées. Son corps douloureux lui rappelle chaque jour davantage les évènements passés. Les yeux embués, elle ne voit que du bout de ses cils humides l’ombre de son grand père, qui entre. Le gladiateur tient deux épées de bois entre ses mains. Ignorant son mal, il lui lance la plus petite. Celle-ci rebondit sur le lit.

- Suis-moi.

Suis-le. Lys. Suis et apprends. Apprends à te battre. Mais la jeune fille pleure, dans son lit. Elle pleure les nuits trop longues, la rudesse des hommes et la violence de ses ailes de papillon. Celles qui pointent, sur son dos. Celles qui lui arrachent des soupirs de douleurs. Suis le Lys. Il t’aidera à sortir de ton cocon, de ta chrysalide. Il t’apprendra, tout ce que tu dois apprendre. Pour être comme lui. Gladiatore. Pour être comme lui. Forte et puissante. Libre sous les chaines. Puissante sans nom. Le sang des Gladiatore et la liberté de le rugir. Il la bouscule, la relève, lui met de force l’arme entre les mains puis l’entraine au centre du manège. Et frappe. Frappe encore. Sur le bois, sur la peau. Jusqu’à ce qu’elle réponde. Jusqu’à ce qu’elle frappe. Elle aussi. Du plus fort qu’elle peut. La nuit, la nuit noire qui étouffe sa tristesse. Les ténèbres qui épousent sa colère, la pénètrent, lentement. Elans obscures d’une pureté incandescente. Gladiatore.



……



D’un trait noir, elle habille le contour de ses yeux. Les maquille. De toute la noirceur de son visage pale. Le mascara étire ses cils, si longs, qui battent. Papillons nocturnes que la lumière fascine. Elle tremble, un peu, alors qu’elle tache de rouge sa bouche généreuse. En dessous du miroir, la lettre de son violeur. Vide d’intimité. Non personnalisée. Une nouvelle offense. Qui la laisse de marbre. Et pourtant, si son échine frissonne, c’est qu’elle compte bien y répondre. A son invitation. Par sa présence. Et pourtant, si elle se maquille, c’est pour être sienne. Ce soir. Encore une fois. Sienne. Ses lèvres frémissent. Elle manque de vomir. Sienne. Dans le miroir, si jolie, elle se trouve, un peu, vieille, changée. C’est une inconnue, dans sa plus belle robe, qu’elle contemple. Sa chrysalide s’écaille, se fissure. Son masque change. Elle ressemble, un peu, a ses putes qu’elle croise dans la rue. Un rouge vulgaire, des lèvres béantes. Et l’œil, l’œil lourd d’un fard tapageur. Ont-elles le cœur si lourd, elles aussi, quand elles se maquillent ? Le cœur de Lys est à l’agonie, sur le fil, au bord des lèvres. Il bat si fort que c’est toute son âme qui tremble sous ses coups. Et pourtant, pour rien au monde, elle ne retirerait ce masque.

Du bout des doigts. Blancs. Elle tend l’invitation. L’esclave retire sa cape, lui volant sa cape. Sa robe ouverte, sensuelle, l’habille de la brillante beauté des bacchantes. Leur légèreté. Un inconnu lui sourit, la prend à son bras. Cadavre glissant sur les eaux, l’errante, semble, au centre de toutes ses couleurs, perdue dans un océan de vie bruyante. Elle s’attache, en silence, a l’étranger qui l’entraine dans les profondeurs des thermes. Sa peau pâle, si pâle qu’elle semble porter le mal sous son derme, reflètent les lumières des eaux. Ses yeux si clairs, d’un abîme sans fond comme horizon qui jamais ne reverra le jour, sont mélancoliques. Ils ont les éclats tristes d’un paysage sous cloche. Craintifs, parfois, ils s’arment de sentiments contraires. La jeune femme, au centre de ce monde ardent que dévorent les plus basses envies, les plus pures cruautés, retient à grand mal ses émotions. Elle attend. Elle l’attend. Lui, enfin, le roi des Bacchanales. Il la contemple, la dévore de ses yeux bleus. Une âme glacée. Lys trébuche, manque de tomber. Mais l’homme la retient. Il lui parle, encore, elle ne sait que répondre. Elle sourit. Juste. Parfois. Ils ne sont, de toute manière, pas là pour parler. Il la tient. C’est le plus important. Il l’entraine dans les thermes. Le roi Lear ne la quitte des yeux, qu’au dernier instant, alors que le vide la happe. Et qu’elle le regarde. Une dernière fois. Il viendra à elle.  

Sur sa langue, le champagne pétille. L’or liquide embrume ses sens. Elle rêve davantage qu’elle ne vit l’étrange spectacle des orgies. Son arrivée est tardive. Déjà, autour d’elle, s’adonnent aux rixes du corps, les affamés de vie. Lys n’ose vraiment, les regarder. Elle a délaissé l’étranger pour le sofa sur lequel elle est étendue. Et aux regards qu’on lui adresse, plein de promesses, elle ne répond que par une arrogante indifférence. Un jeune homme lui vole un baiser, que ses lèvres impures accueillent, avec douceur. Il attire a lui son visage, suivant son appel, elle se lève et se dépose contre lui. Son âme palpite, sous ses paupières closes. Lys tremble, un peu. Lys se meurt, avec la légèreté des papillons qu’abiment des traces de doigts. . Et. Enfin. Lui. Encore. La jeune femme sent son regard. Quittant l’homme, elle disparait entre les colonnes d’or et de bleu. Un bleu outremer. Elle aime ce bleu, un bleu d’océan, de fracas et de vie. Plus vivant que celui de ses yeux, ou de ceux de son bourreau. Un bleu chaud. Qui marrie l’or et l’eau. Au détour d’une colonne, une main se saisit de son poignet. A son oreille, il murmure une cruauté. Une invitation. Encore. Qui la fait frémir. Puis disparait.

Lys appelle un esclave, exige qu’on lui amène une cape, prétendant  disparaitre. Puis, s’enfonçant dans le labyrinthe des thermes, elle rejoint une pièce un peu à l’écart. Ses bains privés. Sa lame bien en main dans la poche géante de sa cape noire, elle ouvre la porte.
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