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 night of the hunter (desdémone)

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Invité
Message(#) Sujet: night of the hunter (desdémone) Lun 3 Aoû - 22:55


Jolie môme à la gueule enfoncée dans les oreillers. Chevelure peroxydée, coupée près des épaules, comme il le faut, comme c'est beau. Peau laiteuse, douce. Elle lui offre son cul, ses reins, son dos, et lui l'écrase, une main sur sa nuque, une autre sur ses hanches. Sur le ventre, elle étouffe presque, tant il presse sa carcasse fragile contre les draps de soie. La valse de la chair, répétée mille fois, sale et empressée. L'échange ne dure pas. Clébard impatient, il vient entre ses cuisses sans douceur, et l'effort lui épuise l'âme et le corps. Masturbation élaborée. Tybalt n'a pas le luxe de s'attarder, il devrait déjà être prêt. Sans un regard, il se dégage, et file laver sa crasse. Payée d'avance, la blonde putain est laissée à compter sa triste fortune, pour son triste quart d'heure. Cadeau du paternel, qui tient à saigner les pulsions du mauvais fils avant qu'elles n'éclaboussent sa fête.

Et quelle fête. Ce soir, ce sont les contes de Grimm que Papa a décidé d'essaimer dans un terrible bal masqué. Manquant cruellement d'originalité, Tybalt hérite d'un masque de loup ; visage à moitié englouti, traits de cabot revêtis. Une fourrure jetée sur les épaules. Il n'a pas de mal à se glisser dans la peau du personnage, lui l'animal.



Gitane coincée entre les canines, le mauvais garçon va s'échouer au bar. C'est là qu'il L'attend, toujours. Il commande, pour tuer un morceau de temps. Il sait que l'indolente aime se faire désirer. Vicieuse surprise qui le cueille, on lui refuse son poison. Ordre d'En-Haut, il sera sobre cette nuit. Le cabot manque de s'étouffer dans sa fumée. À peine revenu qu'on le harnache déjà, qu'on le muselle. Bientôt t'auras une cage, comme celle de ta presque jumelle. La mâchoire grince salement, il manque de mordre. Mais il contient la tempête en son sein. Soit. L'esprit clair, il attendra.

Et il attend.

Il attend.

Il attend.

Il attend et elle n'est pas là.

Il n'y tient plus. Il se lève, laisse ses globes inquisiteurs ramper sur les visages proches. Il questionne alentours ; l'a t-on vue ? Oui. Quel costume ? Cape rouge, pleine de sang. Gueule d'enfant.

Alors il écume les salles, à la recherche de son illusoire petit chaperon rouge ; oh, ils ne manquent pas. Tous vêtus de leurs capes pourpres, ils tournoient, tournoient, dans les ombres chaudes. Des chimères qui fleurissent loin de la lumière. Mais aucun n'est elle. Les minutes filent, et il s'impatiente. Tybalt n'aime pas les jeux. Il veut juste la voir. Elle, l'absente, celle qui creuse toujours un trou dans son âme. Gémellité manquée, maladive moitié, les chaînes qui les lient sont trop lourdes.
Ils se haïraient, si seulement ils le pouvaient.

Il croit la voir aux bras d'un chasseur. Quand il arrive, l'homme ne tient plus qu'un rire entre les pognes. Elle file, lui échappe.

Il pousse la foule, rejette les corps grimés, à la recherche de son visage de poupée. Contre un billet, Cendrillon lui chuchote le trajet de la scélérate. L'impudente sait comment le semer. La piste finir par se refroidir près d'Hansel et Gretel, dont les grosses lèvres roses restent closes. Sa maigre patience s'affame un peu plus ; le sale môme a toujours abhorré ces jeux nébuleux.

Mais il cherche. Encore et encore.

Il tombe sur Blanche-Neige qui, fumant et minaudant aux milieu de ses sept nains trop grands, lui dit l'avoir aperçue, fuyant par un couloir exigu.

Il s'engage à sa suite. Il court. Il l'attrape. Elle se laisse attraper. Bras translucide entre ses phalanges blanches. Il serre, fort, de peur qu'elle ne s'évanouisse. Il lui fera des bleus si c'est c'est ce qu'elle veut. Mirage ? Il veut parler, dire quelque chose, vomir un mot, n'importe quoi. Vite. Le moment passe. Ses lèvres restent closes, à la place. Le silence les disloquent, comme jamais il ne l'a fait. L'absence lui a fait mal, si mal, et elle, Elle, elle s'autorise à jouer les Reines capricieuses. Son palpitant est ouvert, béant, et elle le piétine de ses talons innocents.

Ses prunelles délavées la fixe. Il se force, s'emmêle, un peu.

T'es pas contente - que j'sois de retour ? Il dit. Sa voix est rauque, étouffée par la musique, la phrase coupée au milieu. Elle sonne faux. Comme eux, un peu.

Elle l'emmerde vraiment. Il a peur qu'elle parte. Qu'elle se casse donc. Il la retiendra si elle essaye. Traîtresse. Sainte.

Ange Chienne.  
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Invité
Message(#) Sujet: Re: night of the hunter (desdémone) Jeu 6 Aoû - 22:21

Elle remarque le démarche et la crinière blonde.
Elle observe le garçon exister loin d'elle, ne pas la reconnaître. Et sans doute ses muscles se raidissent-ils et sans doute la colère redouble-t-elle. Car le chaperon sanglant ce soir n'a d'yeux que pour le loup. Ce loup maladif qui ne constate pas même sa présence. Qui s'esquinte au bar et demande un peu plus de poison à se mettre dans les veines.

Les minutes coulent, l'horloge tourne et la fille se désagrège dans l’atmosphère.
Courant d'air se glissant d'une silhouette à l'autre. S'étouffant à travers les senteurs étrangères, les parfums emplissant son gosier. Lippes entrouvertes et cœur battant à l'intérieur de la poitrine.
Ses pattes blanches se glissent tout contre un sein qu'elle palpe, négligemment. Qu'elle ne peut s'empêcher de câliner en imaginant des doigts l'en capturer. Phalanges brutes et dures sur la peau, phalanges qui n'appartiennent qu'à lui. Qu'à lui toujours qu'à lui.
Implorante enfant aux passions révulsées. Elle s'en déchirerait le rose au-dessous le corset.
Mais soudain le loup lève son museau et cherche la proie à dévorer. La proie se fait mesquine et la proie se met à feindre.
Pour le punir de l'avoir trop longtemps délaissée dans un trou sombre. Pour le punir de ne pas entendre la plus infime de ses pensées. Et la douleur au milieu du thorax harcèle sa raison. Et la raison se flingue au profit d'une désespérante obsession. Tybalt à son cœur résonne. Tybalt entre ses jambes s'anime. Le spectre de ses fantasmes la rend aveugle et ignorante. Coquille trop pleine fissurée par les maltraitances qu'elle inflige.
Desdémone chavire quand un invité la percute.
L'impudent s'excuse et s'empare de ses poignets. Les lui comprime doucement, dévoile une rangée de dents et tente de plonger dans ses deux flaques d'eau de mer. Et à la Capulet d'ignorer l’insistance, d'échapper à l'impact, à l'horreur. L'inconnu rampant à son flanc, dédaignant ses faibles miaulements. Le contact de la chair à la sienne la fait frémir.
L'écarlate aux pomettes et les yeux brûlants. C'est qu'elle pourrait chialer, dans l'instant. Pour qu'il lâche ses articulations, qu'il retire sa crasse de sur son corps.
Il parle mais elle n'entend rien. Il explique mais elle n'y saisit qu'un miasme dégueulasse. Des mots rongés par les rires et les cris, par la musique et les odeurs et les visages.
La moindre réplique est écrasée. Desdémone se tortille. Les paroles ne réussissent à se frayer un chemin au-dehors de sa bouche. Bouche close, désespérément close.
Le joli chasseur se résigne à libérer le petit chaperon qui s'évade aussitôt. Ondulant de sa grâce féline entre Cendrillon et la moitié d'un âne.  S'écartant de la masse des idoles que son père a eu la miraculeuse idée d'inciter à festoyer. Qu'elle envisage piétiner au terme d'une danse macabre.

Et puis le bras s'allonge.
Le bras se fait double, l'organisme se confond. Elle le sent qui lui saisit l'extrémité tandis qu'elle baisse les paupières et retient sa respiration. Les nœuds au ventre et les sourires abandonnés. Effacés par les drames qu'elle imagine avoir enduré. Les drames qu'elle suppose avoir du affronter. Elle le hait, Ô dieux elle le hait. Des mensonges proférés à quelques entités de passage. Elle rouvre ses prunelles sur le monde. Sur son monde. L'unique qui puisse compter.
– T'es pas contente - que j'sois de retour ? Questionne le monstre.
Et à l'Odieuse de répondre par une aphasie critique.
Le silence sur la langue et l'attention portée d'abord à la figure de Tybalt, ensuite à ses épaules.
Elle se débat, un peu.
Elle gémit, un brin.
Détourne son minois du miroir morcelé.
Et la main libre soudain s'élève et les ongles se plantent sur la joue masculine. Longent la mâchoire et en lacèrent le cou.
Les pupilles s'échouent dans leur opposée qu'elle s'ose à contempler et c'est d'une brusquerie infantile qu'elle enfouit son nez au creux que forment les clavicules. Les guibolles enserrant sauvagement les hanches du garçon, sa poitrine se pressant à son torse ; Desdémone s'abîme sur le rugueux de la peau, se griffe à la barbe naissante et remonte lentement jusqu'à atteindre les lèvres.
Là, elle chuchote :
J'ai failli oublier comment tu te nommes.
Les phalanges s'enroulant autour de la gorge.
J'ai failli te haïr.
Et les doigts se cramponnent toujours plus fort. Le chaperon rouge étrangle le loup. Pris au piège entre ses cuisses, raffermissant son étreinte. Perchée au-dessus des reins.
Comment t'appelles-tu, ce soir. Un murmure expiré tout contre la bouche. Dis-moi, traître. Comment dois-je t'appeler. Loup... Absence - elle ne termine pas sa phrase. Déjà la dextre abandonne la trachée, gifle l'être aimé.
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