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 Red Eyes And Tears [Oz].

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MESSAGES : 142
INSCRIPTION : 23/07/2015
AVATAR : Travis Fimmel.
ALLÉGEANCE : Ceux qui paieront le mieux.
OCCUPATION : Combattant, revendeur de dopes.
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Orphée Santi
Message(#) Sujet: Red Eyes And Tears [Oz]. Ven 31 Juil - 23:35

Red Eyes And Tears

Aux naseaux s'accroche le parfum du sang.
Celui de l'autre, et peut-être un peu du sien. Le pouls se coince dans la gorge. Il le sent, Orphée, qui tambourine contre sa trachée. Étouffant la raison, annihilant cette conscience qu'on lui assure humaine.
Il grogne, lorsque le poing de l'adversaire percute sa face. Un os craque. Ça résonne à l'intérieur du crâne. Ça le fait tanguer de droite à gauche. Les pieds se plantent dans la poussière. Ne pas perdre l'équilibre. Pour toucher du bout des doigts la pommette accidentée, ensuite. Elle suinte. Rose pourpre. Des pétales étalés sur les phalanges et l'atmosphère se désagrège et lui oublie. Oublie qu'un combat de bêtes se joue à ses orteils.
Contemplation de sa propre essence quittant ses veines.

Les derniers billets verts qu'il a mis entre les pognes de Boyd doivent lui rapporter des frères. Et les frères des frères viendront grandir les rangs. Grossir ses poches vides. On le lui a prédit. Trop de jours absents, lui qui d'ordinaire rôde dans le cercle de bois. S'y abîme les membres et plus encore l'âme. Trop de jours à l'attendre, qu'on murmure à son oreille avant de l'envoyer au centre.
C'est qu'ici-bas, on a appris à adorer O.
O. saccage ses adversaires. O. n'a pas de prénom complet, n'a même pas un pseudonyme décent. O. se fait nommer O. et les questions ne trouvent pas de réponses et les incitations à se dévoiler virent constamment à l'échec. O. est un gars débarquant du Néant. O. est un fauve évadé des tripes d'Hadès.
Un pantalon de jogging gris délavé sur le cul et un tee-shirt blanc et dégueulasse sur les épaules. L'opposé, il ne porte qu'un short large. Rien sur le dos. C'est que l'opposé contrairement à O. n'a rien a cacher ; il se fout que ses cicatrices et son histoire soient dévoilées.

La sueur lui dégouline le long des tempes et des mèches blondes encombrent son horizon. Orphée heurte le dur de l'adversaire. Encore. Un fracas qui attise la foule. Des dizaines de globes rivés sur les mouvements des deux bestiaux qui se frappent et se mordent.
La souffle est court, haché. Des pulsations trop fortes et l'excitation qu'il sait mauvaise. Qu'il sait ne pas être à sa place. Comment peut-on aimer faire mal. Comment peut-on aimer avoir mal. Les questions se chevauchent à son esprit et soudain il y a le regard.
Ce regard perdu dans une masse mouvante et puante. Odeur de transpirations, de fumées. Les effluves d'alcools bon marché s'ajoutent au bouquet, ainsi que les haleines viciées par cette soirée devenue nuit.
Les paupières d'Orphée s'abaissent, durant une fraction de seconde. Puis s'ouvre de nouveau sur l'assemblée et la fureur. Le visage entraperçu n'est plus. Disparu avec les vestiges de son monde. L'adversaire lui envoie un talon dans le bide et Orphée, il se plie en deux. Trois enjambés derrière. Un nouveau coup auquel il réchappe de justesse. Un autre qu'il fout à toute vitesse, en échange. De la vengeance, rien que de la vengeance. Le plat de la main qu'il claque à l'orée du tympan de l'opposé. Des insultes qu'il n'entend pas, des glapissements.
Orphée cherche. Cherche. Créateur et créature, ça n'a jamais fonctionné. L'angoisse lui fait vriller le museau dans tous les sens. Trogne tuméfiée et concentration envolée.
Il le voit, maintenant.
Oz Lear se glisse entre les parieurs et les pécheurs. Il se coule entre les amas poisseux, à la façon d'un poisson dans une rivière d'excréments.
De la chair et des os, n'est-ce pas ? De la chair et des os, ça cogne les parois de sa caboche. Le maître est de chair et d'os car autrement la vermine ne se pousserait pas pour le laisser vagabonder. L'encercler. Et son joli rictus, Orphée suppose l'inventer. L'inventer comme tout le reste, comme tout ce qui fait peur. De ces folies qu'il se crée, quand les effets de la malnutrition s'amènent. Hallucination et son cortège de chimères. Un énième assaut de l'adversaire et le voilà qui valdingue. Gueule la première, la bouche badigeonnée de terre et poussière retournées par leurs incessantes cavalcades.
C'est qu'Orphée, il avait oublié que l'univers continue de tourner – même si la terreur paralyse.  Et les gens autour se mettent à valser. Et la migraine laboure la plus infime pensée. Il sent un liquide chaud lui barbouiller le menton. Lui sortir du nez et peut-être des oreilles. La cohérence en miettes et le noir dévorant les faibles lumières et les cris et les acclamations.

Des mains empoignent bientôt ses guibolles et ses bras. Le vertige l'enveloppe tandis qu'il marmonne les suppliques. Et c'est idiot et c'est incompréhensible. Personne n'écoute. La migraine continue d'écraser sa conscience et le noir à nouveau le gobe.
Orphée, on le balance sur une table de bois à l'arrière. Dans ce qui ressemble le plus à des vestiaires. Pas plus vivace qu'un tas de linges immondes, la charogne n'avait d'intérêt que lorsqu'elle était capable de bouger et de cogner.
À son réveil, il n'aura qu'à embarquer ses affaires, ne pas croiser la route de ceux ayant mis une petite somme sur sa tête. S'échapper par l'issue de secours, ne revenir qu'une fois les plaies fermées ; juste assez pour tout recommencer.

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This is my least favorite life, who floats far above earth and stone. The nights that I twist on the rack, is the time that I feel most at home. We're wandering in the shade.

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